Exposition d'Alec Borenstein, Paris-Tel Aviv

Dans le cadre de la Saison France-Israël, l'exposition Paris - Tel Aviv d'Alec Borenstein se déroulera du 6 au 29 septembre à la Mairie du 4ème. Le vernissage aura lieu le mercredi 5 septembre à 18h30, toujours en Mairie. 

REGARDS CROISES PARIS - TEL AVIV

Piéton de Paris, enfant de Tel Aviv, Alec, avec son regard incisif, ses yeux éternellement étonnés, ses traits de crayon précis comme découpés au scalpel, sa palette peinte de couleurs vives, presque premières, traque, d’une manière quasi- obsessionnelle, les coloris de la ville, le soleil de l’après-midi incendiant les façades des maisons de Tel Aviv, la grisaille bleutée du soir brunissant les toits et les rues de Paris, les tourments des ficus qui errent en cortèges déglingués au long de l’asphalte des rues et disputent leur existence à la brulure du soleil de midi.

Alec Borenstein, peintre franco-israélien né en Russie, à Syktyvkar en 1942, d’une famille venue en Israël en 1947 fut un enfant prodige dont les premières œuvres ont étés remarquées dès 1952. Il s’adonne à la peinture et multiplie les expositions dans des musées qui acquièrent certaines de ses toiles, des galeries qui le promeuvent. De nombreux collectionneurs privés, en Israël, en Europe, aux Etats-Unis, en Australie s’enorgueillissent de posséder une ou plusieurs de ses œuvres. Cette exposition qui met en regard Paris, sa ville de résidence et Tel Aviv, la cité de son enfance ne donne qu’une vue partielle de la richesse de son œuvre qui va de l’abstraction lyrique au figuratif revisité..

Il y a quelque chose d’un détective chez Alec. Il traque des coins isolés, des places vides, des espaces pleins d’incertitudes, de possibles, des ombres et des lumières avides, laisse à l’imagination du regardeur l’invention de mises en scène muettes… Peut-on dire qu’il nous transforme en voyeurs impatients, sevrés d’images qu’il nous appartient de rêver ? Pour lui, la lumière, est comptable de sa moindre variation. Il brosse le tout en découpes précises et en couleurs franches, élimine le plus souvent la mouvance de la présence humaine, la réduit à des silhouettes, l’interpelle en gros plans. Elles n’apparaissent, jamais gratuites, mais comme une évidence ou une interrogation. Le mystère de ces draperies à carreaux, minutieusement rendues, ces rideaux qui voilent ou dévoilent tout ou parti d’un cadre, d’une scène, donnant l’illusion d’un souffle, d’un vertige, d’une bise, d’un remuement d’immeubles à l’assise pourtant solide, d’un mouvement obscur d’objets dont la nature première est pourtant statique, d’une attente un rien théâtrale s’ouvrant sur une scène vide. Il nous entraine dans la torture de ces arbres dantesques griffant les rues de Tel Aviv , grands, passants grandiloquents qui livrent au regard leurs viscères de leur ventre et leur trop plein de sève.

Et puis, il y a Paris, déesse pulpeuse, ses rues haussmanniennes, ses toitures grises, pots de cheminées ocres rouge, perspectives inabouties, places mal habitées, squares isolés, vieille histoire devinée de lieux hantés de personnages violents et pathétiques. Pas de Paris touristique, pas de Paris historique, pas de François Villon, pas de Victor Hugo, pas de Lamartine. L’alignement d’une rue découverte un matin, un Paris du quotidien, un Paris vide de son trop plein, en attente de gens isolés, peut-être un rien angoissés, un Paris saturé d’une humanité prégnante qui dévore la ville, se repend dans les sous-sols du métropolitain, un Paris qui interroge Alec et Walentyna son épouse, devant un abris d’autobus. Le square Bolivar s’emmêle dans les draperies, une auto rouge abrite des secrets désuets devant le parc de Bagnolet, Paris mystère, Paris insondable, Paris d’Alec…

PIERRE WEIBEL Juillet 2018

Musique et Art

Cela fait plus de dix ans que mon père et moi avons un site internet en commun (Borensteinarts.com),mais l'énorme influence que les créations et la vision de l'Art de mon père ont eu sur mon oeuvre de compositeur date de mon enfance. J' ai retenu des discussions avec mon père l' importance de la nouveauté, l' Art sans aucun compromis, la croyance en l éducation du goût et le refus de la facilité. Je n' apprécie pas l' académisme artistique et, sans doute grâce à ces discussions critiques, suis capable de le reconnaître tout aussi bien chez les adeptes du retour au passé que chez ceux des habits neuf de l' Empereur.

La recherche de parallélisme entre nos deux formes d' art ayant souvent été le sujet de mes échanges avec mon père, il me semble bien à propos de partager certaines idées que m' inspirent les tableaux que vous pouvez découvrir dans cette exposition.

Si la musique instrumentale est abstraite, les paroles de la musique vocale n'enlèvent rien aux préoccupations purement artistiques de forme et contenu. Il en est de même de l'écart entre la peinture figurative et abstraite qui est bien plus petit que l' on imagine. L' opposition musique tonale/atonale me semble tout aussi arbitraire et pour moi l' utilisation chez mon père du figuratif/abstrait dans le même tableau (Tel Aviv LI, Nostalgie) est une recherche semblable à la mienne quand je combine le tonal et l' atonal dans une seule pièce. Une autre comparaison serait celle avec le noir et blanc/couleur. Que le changement soit géométrique (Paris XI, les trois arbres) ou comme une déchirure (Paris XXXV Le grand cèdre), le noir et blanc pourrait représenter l' atonal et la couleur le tonal. I s' agit dans les deux cas du contraste utilisé comme élément structurel .

Depuis quelques années j' écris de la musique avec une superposition de rythmes compliqués qui donnent une impression de suspension du temps. Il me semble voir le même jeu dans les nappes à carreaux de mon père avec leur petits carrés qui se mettent ensembles pour créer une mer calme ou agitée. Mon père fut un peintre abstrait dans sa jeunesse et figuratif ensuite; peut être les nappes,pure combinaisons de formes et couleurs,sont elles une étape avant le melange plus direct de l' abstrait et du figuratif.

Un critique musical enthousiaste de mon dernier disque avec Ashkenazy a écrit: "Enfin, une musique heureuse!" Ma musique étant aussi parfois triste et dramatique, je comprends le sens de sa phrase comme voulant dire musique pleine de couleurs et puissante. Alors j' ai envie de le paraphraser et de dire sur cette exposition: Enfin, une peinture heureuse!

Nimrod Borenstein, compositeur

Juillet 2018

Alec Borenstein vu par un psychanalyste et philosophe

Entrevilles

Alec est entre deux villes, Paris et Tel-Aviv, c’est pourquoi il peint l’une sans oublier qu’il aime l’autre. Il les peint dans le même style, marqué par la nudité des rues, non pas le vide car elles sont habitées, mais simplifiées de leurs passants ; elles résonnent mieux. Réduites à des lignes, des volumes, des maisons, des contrastes de couleurs et des jeux de lumières, elles révèlent plus nettement les liens entre la détresse et le bien-être. Dans ces petites rues (même quand elles sont grandes, on n’en voit qu’un petit fragment, le peintre s’y sent mieux), il transmet la vibration du rien, alors qu’il y a tout ce qu’il faut, la boutique, le parking... Scène typique : deux silhouettes de kibboutzniks contemplent le petit immeuble qui fut le QG du Parti socialiste. Cela dit bien le décalage du temps : le parti s’est étiolé, et les kibboutz sont devenus des entreprises, bien souvent mercantiles. Plusieurs tableaux figurent la rue Hayarkone, qui, depuis, a été mise en coupe réglée par l’industrie immobilière, de sorte que les prix y frôlent ceux de l’avenue Montaigne.

Bref, il peint une autre réalité, pourtant comprise par la ville, qui comprend tout, elle est étrangère à elle-même et court après son avenir, c’est ainsi qu’elle se comprend et qu’elle avance. J’aime ces arbres pleins de nœuds que l’on trouve à Rothschild et ailleurs, qui hésitent entre l’animal, le végétal et l’urbain.

Et je retrouve l’objet fétiche d’Alec, la nappe à carreaux de son enfance, de la table familiale, tantôt rouge ou bleue, chaude ou froide ; on imagine qu’un enfant a rêvé de la tirer et de tout renverser pour qu’enfin on parle de ce qui était tu.
La nappe est aussi à Paris, c’est elle, l’intimité d’Alec qui fait le lien entre les deux lieux. Les deux villes ont en commun la présence active d’un passé disparu ; c’est ce qui les branche sur un temps disponible, un temps de liberté.
Les contrastes entre d’un côté le noir et blanc, de l’autre la couleur, créent une frontière entre le visible et le secret, dont les contours évoquent ceux de la nappe ; elle serait comme le talith d’Alec, le tablier maternel qui couvre comme un talisman une partie de sa toile.

Ce Tel-Aviv n’est pas celui qui pète le feu et ne dort jamais, comme disent les pubs, c’est une ville qui médite sur elle-même. Tout comme Paris baigne dans sa liberté vaporeuse. Pour mémoire, le peintre met quelques bâtiments fantômes, violets, pour rappeler l’actif onirique de chaque ville dans sa multiple poétique.

Daniel Sibony

Dernière mise à jour le jeudi 9 août 2018

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